(de-news.net) – Le Bundestag allemand a adopté d’importantes modifications concernant l’assurance maladie légale, la politique énergétique, la police fédérale et la rémunération des parlementaires. Les mesures visant à réduire les coûts de santé ont suscité une vive opposition, tant sur le plan politique qu’au sein du secteur concerné. Par ailleurs, des dispositions modifiant les normes de chauffage, gelant la hausse automatique des salaires des parlementaires et renforçant les pouvoirs d’enquête de la Police fédérale (Bundespolizei) ont également été adoptées.

Par 319 voix contre 286 et quatre abstentions, le Bundestag a approuvé la loi controversée sur la stabilisation des taux de cotisation (Contribution Rate Stabilization Act), une réforme du système allemand d’assurance maladie légale (GKV) soutenue par la coalition au pouvoir. Bien que ce texte ne nécessitât pas l’approbation formelle du Bundesrat (la chambre haute), ce dernier a décidé de ne pas en retarder la mise en œuvre en le renvoyant devant une commission de médiation, ouvrant ainsi la voie à l’entrée en vigueur de la réforme.

Cette loi vise à stabiliser les finances du système d’assurance maladie légale en alignant davantage la croissance des dépenses sur celle des recettes, tout en évitant de nouvelles hausses des cotisations. Lors du débat parlementaire, la ministre de la Santé, Nina Warken, a fait valoir que la dégradation de la situation financière des organismes d’assurance maladie légale exigeait une intervention législative immédiate ; elle a présenté ce train de mesures comme la première étape d’une restructuration plus large du système de santé allemand. Les membres de la coalition gouvernementale ont également souligné que cette mesure ne constituait qu’une première étape et que d’autres réformes structurelles suivraient dans le cadre d’initiatives législatives ultérieures.

Le gouvernement prévoit que la loi générera des économies de 18,8 milliards d’euros d’ici 2027, dépassant ainsi les estimations initiales du gouvernement, les dépenses de santé ayant augmenté plus rapidement que prévu au cours des premiers mois de l’année. La réforme introduit des mesures d’économie touchant simultanément les patients, les prestataires de soins, les assureurs, les pharmacies et l’industrie pharmaceutique. Pour les patients, le ticket modérateur sur les médicaments prescrits passera d’une fourchette de 5 à 10 euros à une fourchette de 7,50 à 15 euros, marquant ainsi le premier ajustement de ce type en 22 ans. Le remboursement légal des traitements homéopathiques sera supprimé, tandis que la prise en charge de certains services de prévention — notamment le dépistage systématique du cancer de la peau chez les adultes asymptomatiques — sera réduite ou fera l’objet d’un nouvel examen. Le remboursement des prothèses dentaires sera également revu à la baisse, reflétant l’objectif plus large de la loi : limiter les dépenses liées aux prestations que le gouvernement juge moins essentielles.

Les conditions d’accès aux prestations, le financement et les dépenses administratives durcis

Les critères d’éligibilité à l’assurance familiale sans cotisation seront également plus restrictifs. Si les enfants, les retraités, les personnes à capacité de gain réduite, les aidants ainsi que les parents d’enfants en bas âge ou en situation de handicap continueront de bénéficier d’une couverture sans cotisation, la plupart des conjoints et partenaires liés par un pacte civil devront quant à eux souscrire leur propre assurance, moyennant une cotisation distincte dont l’entrée en vigueur est prévue pour 2028. Par ailleurs, le plafond de calcul des cotisations sera relevé pour les hauts revenus, augmentant ainsi la part du revenu soumise aux cotisations d’assurance maladie légale.

En vertu de cette loi, les prestataires de soins seront également soumis à un contrôle plus strict des dépenses. Les hôpitaux perdront les dispositions qui permettaient auparavant une croissance plus rapide des remboursements, les cabinets médicaux ne percevront plus certains paiements hors budget et l’évolution des remboursements sera, de manière générale, plus étroitement liée à la hausse des recettes des organismes d’assurance. La réforme instaure également un deuxième avis médical obligatoire pour certaines interventions orthopédiques (genou, hanche, colonne vertébrale et épaule) afin d’évaluer plus rigoureusement la nécessité de l’acte chirurgical. Les pharmacies et les laboratoires pharmaceutiques seront soumis à des exigences plus strictes en matière de remises, notamment par le biais d’une substitution accrue par des médicaments moins coûteux lorsque cela est approprié. Parallèlement, les dépenses administratives et publicitaires des organismes d’assurance maladie légale seront plafonnées, bien que des associations de défense des consommateurs aient critiqué la suppression de l’obligation pour les assureurs d’informer directement les assurés des hausses de cotisations complémentaires. Aucune disposition législative relative aux soins de psychothérapie n’a été incluse dans la loi ; la coalition au pouvoir a indiqué que des propositions non contraignantes sur ce sujet seraient présentées après la pause estivale.

Les partis d’opposition, les hôpitaux, les associations médicales, les syndicats et les organismes de protection sociale ont continué de critiquer le projet de loi, arguant qu’il transférait la charge financière sur les patients et les prestataires de soins au lieu de s’attaquer aux causes structurelles de la hausse des coûts de santé. Les opposants parlementaires ont qualifié le dispositif de mal préparé et ont soutenu qu’il imposerait des charges supplémentaires aux quelque 75 millions de personnes couvertes par le régime d’assurance maladie légal. Les critiques ont en outre averti que les réformes pourraient accélérer les fermetures d’hôpitaux, aggraver la pénurie de personnel, réduire l’accès aux services médicaux et allonger les délais d’attente pour les traitements. Avant le vote, les députés écologistes et ceux du parti de gauche ont tenté, sans succès, de faire reporter l’examen parlementaire pour des raisons de procédure, arguant que les législateurs n’avaient pas disposé de suffisamment de temps pour étudier les nombreux amendements ; toutefois, la Cour constitutionnelle fédérale a rejeté ces recours juridiques.

L’Allemagne adopte une politique énergétique, un gel des salaires et des mesures concernant la police fédérale

Lors d’un vote distinct, le Bundestag a approuvé des amendements à la loi sur l’énergie dans le bâtiment (GEG) qui suppriment l’obligation actuelle imposant aux nouveaux systèmes de chauffage de fonctionner avec au moins 65 % d’énergie renouvelable. Selon le nouveau cadre, l’installation de nouveaux systèmes de chauffage au gaz et au fioul restera autorisée à condition qu’ils intègrent progressivement des combustibles neutres pour le climat, tels que le biométhane. L’interdiction, initialement prévue, d’utiliser des systèmes de chauffage aux énergies fossiles à partir de 2045 est également abandonnée. Parallèlement, un quota de gaz renouvelable pour les systèmes de chauffage existants doit entrer en vigueur en 2028, tandis qu’une législation d’application ultérieure obligera les fournisseurs de gaz, de fioul et de gaz de pétrole liquéfié à passer intégralement à des combustibles neutres pour le climat d’ici 2045. Les organisations écologistes et les partis d’opposition ont soutenu que ces changements constituaient un recul important pour les objectifs de l’Allemagne en matière de politique climatique.

Le Parlement a également voté à l’unanimité la suspension, pour une durée d’un an, de la revalorisation annuelle automatique des indemnités de ses membres. En vertu du mécanisme d’ajustement introduit en 2014, la rémunération des parlementaires aurait autrement augmenté de 4,2 %, conformément à la hausse des salaires nominaux. La coalition au pouvoir a fait valoir que la situation budgétaire et économique difficile du pays justifiait une dérogation exceptionnelle à la formule d’ajustement légale, malgré la progression continue des salaires ; toutefois, une proposition visant à geler les indemnités parlementaires pour toute la durée de la législature en cours a été rejetée.

Par ailleurs, le Bundestag a adopté une nouvelle loi sur la Police fédérale élargissant ses pouvoirs d’enquête. La législation autorise l’utilisation de drones équipés de caméras dans le cadre d’enquêtes criminelles et permet le recours à des systèmes d’analyse fondés sur l’intelligence artificielle, capables d’intégrer et d’évaluer des informations provenant de multiples bases de données, élargissant ainsi les capacités technologiques de la Bundespolizei dans la lutte contre la criminalité.

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