(de-news.net) – En juillet, une série d’initiatives gouvernementales concernant la protection sociale, la fiscalité, les retraites, les prix du carburant et la politique économique globale entre en vigueur, concrétisant plusieurs réformes adoptées par le gouvernement fédéral. Les débats se sont intensifiés autour de l’investissement, du projet de taxe sur le sucre et de la réforme de l’impôt sur le revenu.
L’allocation Bürgergeld sera rebaptisée Grundsicherung (soutien au revenu de base) à partir d’aujourd’hui ; des règles d’éligibilité et de conformité plus strictes s’appliqueront aux bénéficiaires aptes au travail et au chômage de longue durée. L’aide au logement sera plafonnée à 1,5 fois le seuil de référence établi par chaque commune, tandis que des sanctions pourront être prononcées plus rapidement à l’encontre des bénéficiaires ne cherchant pas activement un emploi ou ne se présentant pas aux rendez-vous obligatoires auprès des services pour l’emploi. Les franchises sur le patrimoine dépendront désormais de l’âge : les demandeurs de moins de 30 ans devront réduire leur épargne à 5 000 euros pour être éligibles à l’aide, ce seuil autorisé augmentant progressivement jusqu’à 20 000 euros pour les personnes âgées de 50 ans et plus.
Dans la lignée de l’ancien dispositif Hartz IV, la réforme rétablit le placement rapide en emploi comme objectif politique prioritaire, le faisant prévaloir sur la formation initiale ou la reconversion professionnelle. Les parents de jeunes enfants devront interagir avec les services pour l’emploi dès que leur enfant aura atteint l’âge de 14 mois, et non plus après trois ans. Par ces mesures, le gouvernement fédéral escompte à la fois une réduction des dépenses sociales et une participation accrue au marché du travail de la part des bénéficiaires aptes à travailler. Selon l’Agence fédérale pour l’emploi, environ 5,2 millions de personnes percevaient récemment cette allocation, dont 3,8 millions de personnes aptes au travail. Un peu plus de la moitié des bénéficiaires sont des citoyens allemands, tandis que les Ukrainiens constituent le groupe le plus important parmi les bénéficiaires étrangers. Le montant mensuel versé aux adultes célibataires reste inchangé à 563 euros. Pour 2026, le gouvernement fédéral prévoit des dépenses d’environ 41 milliards d’euros pour les allocations de base et l’aide au logement, auxquels s’ajoutent quelque 10 milliards d’euros alloués aux frais administratifs et aux mesures d’insertion professionnelle.
Après deux mois d’application, la réduction temporaire de la taxe sur les carburants expire à minuit, rétablissant le taux d’imposition antérieur sur l’essence et le diesel pour les carburants quittant les raffineries ou les installations de stockage à partir du 1er juillet. En incluant la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), cet ajustement porte la taxation des carburants à une hausse de 16,7 centimes d’euro par litre. Les représentants du secteur s’attendent à ce que cette augmentation des coûts se répercute sur les prix à la pompe dans le courant de la journée en raison des réglementations tarifaires en vigueur, bien que l’ADAC ait signalé une hausse déjà sensible des prix de détail ces derniers jours. Parallèlement, plus de 21 millions de retraités bénéficieront d’une revalorisation de 4,24 % de leur pension ; il s’agit du quatrième ajustement annuel supérieur à 4 % au cours des cinq dernières années. Pour une pension type fondée sur 45 années de cotisations moyennes, cette hausse représente près de 78 euros par mois ; elle vise à préserver le pouvoir d’achat tout en garantissant que les pensions continuent de refléter l’évolution globale des salaires.
Proposition de taxe sur le sucre, impulsion en faveur de l’innovation et réforme fiscale
Par ailleurs, une procédure simplifiée de déclaration fiscale est mise en place ; elle concernera dans un premier temps les salariés célibataires sans enfant ainsi que les bénéficiaires de pensions de retraite pour l’année fiscale 2025. Durant cette phase initiale, les contribuables disposant de sources de revenus complémentaires, tels que des revenus locatifs, ne pourront pas utiliser ce nouveau système, bien que l’éligibilité soit appelée à s’élargir progressivement au fil des années fiscales suivantes à mesure que le dispositif sera étendu.
Dans le même temps, le gouvernement de coalition prévoit d’introduire une taxe sur les boissons non alcoolisées sucrées. Un projet de loi est actuellement élaboré par le ministère des Finances — sous la direction de Lars Klingbeil — plutôt que par le ministère de la Santé, et devrait être soumis au Conseil des ministres prochainement. Selon les experts juridiques, cette proposition soulèverait moins de questions d’ordre constitutionnel qu’une taxe classique sur le sucre. Bien que l’Allemagne ait appliqué une taxe similaire jusqu’en 1992, des associations professionnelles ont averti, dans une lettre ouverte signée par plus de 300 entreprises, que la mesure envisagée imposerait une charge financière considérable aux sociétés sans pour autant offrir d’avantages significatifs en matière de santé publique.
Par ailleurs, le directeur général de la KfW, Stefan Wintels, a plaidé pour une stratégie d’investissement et d’innovation renouvelée, visant à renforcer la compétitivité allemande à long terme. Il a défendu un « Pacte allemand pour l’innovation », arguant qu’une mobilisation accrue des capitaux, des écosystèmes d’innovation plus robustes et une commercialisation plus rapide de la recherche seraient essentiels pour améliorer la position concurrentielle du pays. Selon M. Wintels, les éléments centraux de cette stratégie comprennent l’initiative WIN, lancée en 2024, ainsi qu’une intégration plus poussée des marchés de capitaux et des réformes réglementaires destinées à encourager un investissement institutionnel plus important dans le capital-risque et les fonds de croissance.
Avant la réunion du comité de coalition, le SPD a accentué la pression sur son partenaire de coalition CDU/CSU concernant le projet de réforme de l’impôt sur le revenu. De hauts responsables sociaux-démocrates ont fait valoir que les travailleurs à revenus faibles et moyens, ainsi que les propriétaires de petites entreprises, devraient bénéficier d’un allègement fiscal substantiel, financé par des mesures fiscalement viables. Ils ont mis en avant les propositions de réforme du ministre des Finances, Klingbeil, selon lesquelles les réductions d’impôt annuelles pourraient atteindre 1 000 euros dans le cadre du modèle le plus large, ou environ 400 à 500 euros dans le cadre d’une alternative plus limitée. Parallèlement, les dirigeants du SPD ont réaffirmé leur soutien à une imposition plus élevée des hauts revenus et des successions, tout en rejetant toute augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), arguant que l’inflation élevée et persistante continue de peser lourdement sur les finances des ménages.