(de-news.net) – Le chancelier allemand Friedrich Merz (CDU) a appelé à la patience et à l’unité au sein de la coalition CDU/CSU-SPD, tout en défendant la lenteur du rythme des réformes démocratiques. Parallèlement, les commentaires de la coprésidente du SPD, Bärbel Bas, concernant la politique migratoire et sociale ont suscité de vives critiques de la part de figures de la CDU, mettant au jour des tensions croissantes au sein de la coalition gouvernementale sur les questions d’immigration et de politique sociale.
M. Merz a lancé un appel à la patience concernant le programme de réformes poursuivi par le gouvernement de coalition CDU/CSU-SPD, faisant valoir que les processus décisionnels démocratiques en Allemagne étaient souvent à la fois chronophages et politiquement exigeants. Le dirigeant de la CDU a souligné que les réformes majeures nécessitaient de vastes délibérations et la recherche d’un consensus ; il a par ailleurs encouragé les représentants du secteur économique à continuer de faire confiance au processus politique, tout en contribuant au débat de manière constructive et solidaire.
Plus tôt, lors d’une réunion du cabinet, M. Merz aurait appelé les partenaires de la coalition à préserver une atmosphère de travail coopérative et collégiale, tout en soulignant qu’il n’existait actuellement aucune alternative réaliste à l’alliance au pouvoir. Selon des témoignages rapportant le contenu de cette réunion, il a insisté sur l’importance de maintenir un certain optimisme politique au sein de la coalition et s’est montré confiant quant au fait que la confiance mutuelle entre les partis au gouvernement demeurerait intacte, en dépit des pressions politiques croissantes.
Le mécontentement s’intensifie autour de l’immigration et de l’aide sociale
Parallèlement, la coprésidente du SPD, Bärbel Bas, a déclaré qu’elle était déterminée à tout mettre en œuvre pour empêcher l’effondrement de la coalition, avertissant que le principal bénéficiaire d’une telle rupture serait l’AfD. Mme Bas a en outre soutenu que le bilan réel du gouvernement fédéral s’avérait plus favorable que ne le laissaient entendre son image publique générale et sa réputation politique.
Les propos de Mme Bas, rejetant l’idée selon laquelle l’immigration vers le système de protection sociale allemand constituerait un problème majeur, ont suscité d’importantes critiques au sein de l’alliance parlementaire CDU/CSU. Le vice-président du groupe parlementaire, Günter Krings (CDU), a fait valoir que le cadre social existant en Allemagne avait, dans la pratique, créé des incitations à l’immigration irrégulière. Il a déclaré que la coalition cherchait par conséquent à réduire ces incitations, tout en appliquant plus rigoureusement les responsabilités européennes en matière d’asile, notamment par un recours accru aux refoulements aux frontières. M. Krings a par ailleurs soutenu que l’Allemagne était de plus en plus confrontée au problème de migrants issus d’autres États membres de l’UE qui ne travaillent qu’un nombre limité d’heures tout en dépendant largement des prestations d’aide sociale ; il a qualifié cette question de problème nécessitant une attention politique urgente. La députée de la CDU Caroline Bosbach a, elle aussi, rejeté l’analyse de Bas, faisant valoir que les données statistiques existantes démontraient clairement l’existence d’une migration vers le système de protection sociale allemand. Selon Mme Bosbach, la persistance à nier ce problème ne faisait qu’en aggraver l’escalade, la structure du système de sécurité sociale allemand continuant d’offrir des incitations qui, à ses yeux, exigeaient de profondes réformes tant politiques que structurelles.
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