(de-news.net) – La ministre fédérale de la Santé, Nina Warken (CDU), s’est dite ouverte, sous certaines conditions, à modifier certains aspects de son plan d’économies dans le secteur de la santé, tout en maintenant son objectif budgétaire global visant à soulager les assureurs publics. Ce plan combine la maîtrise des coûts pour les prestataires de soins avec une augmentation de la participation financière des patients et des limitations de la couverture du conjoint, ce qui suscite des critiques de la part des médecins et des associations de consommateurs. Les ordres des médecins mettent en garde contre une réduction de l’accès aux soins et une pression accrue sur les soins primaires, tandis que Mme Warken défend ces mesures comme des ajustements nécessaires à des structures obsolètes. Par ailleurs, le débat se poursuit sur les nouvelles demandes d’une taxe sur le sucre dans les boissons sucrées.
Tout en maintenant que l’objectif budgétaire global de son projet de plan d’économies dans le secteur de la santé doit rester inchangé, Mme Warken s’est néanmoins montrée ouverte à des modifications ciblées de certains éléments. La ministre CDU a souligné que toute révision devait préserver l’intégralité du montant des aides accordées aux organismes d’assurance maladie obligatoires, estimé à environ 19,6 milliards d’euros pour l’année à venir. Ce montant dépasse largement le déficit de financement estimé à 15 milliards d’euros que la réforme vise à combler, permettant ainsi de stabiliser les taux de cotisation et d’éviter de nouvelles hausses de primes. Dans le cadre de cette initiative, elle a également fait valoir que la répartition des économies réalisées devait suivre une logique proportionnelle, chaque segment du système de santé contribuant en fonction de sa part de dépenses respective. Elle a présenté ce principe comme étant à la fois équitable et structurellement cohérent.
La proposition de loi sera examinée par le Conseil des ministres la semaine prochaine et prévoit des restrictions budgétaires dans de nombreux secteurs, notamment le financement des hôpitaux, les entreprises pharmaceutiques et les cabinets médicaux ambulatoires. Outre ces mesures de maîtrise des coûts, le projet de loi a suscité une vive controverse en raison de dispositions qui augmenteraient la participation financière des patients pour les médicaments sur ordonnance et limiteraient la coassurance du conjoint dans le cadre de l’assurance maladie obligatoire. Warken a défendu l’orientation générale de la politique en soulignant la stagnation persistante des seuils de participation aux frais, inchangés depuis plus de vingt ans, et en faisant valoir qu’après une longue période d’expansion économique, la conjoncture budgétaire actuelle exige un réajustement partiel des structures de prestations existantes.
Le Cabinet examinera le plan d’économies sur les soins de santé la semaine prochaine
Elle a par ailleurs rejeté les inquiétudes exprimées par les associations médicales selon lesquelles les réformes pourraient nuire à l’accès aux soins ou allonger les délais d’attente pour les rendez-vous. Selon elle, ces mises en garde ne reposent pas suffisamment sur les réalités financières sous-jacentes du système. Dans le même temps, elle a réaffirmé que la rémunération des médecins continuera d’augmenter chaque année, même si les augmentations futures seront davantage corrélées à l’évolution globale des recettes des caisses d’assurance maladie obligatoires. Ce lien, a-t-elle expliqué, s’inscrit dans un effort plus large visant à garantir une utilisation plus rigoureuse et durable des recettes des cotisations.
L’opposition des médecins de famille a été particulièrement marquée. L’Association allemande des médecins généralistes a fait valoir que les mesures proposées créent une contradiction structurelle en élargissant les responsabilités des médecins tout en renforçant les contraintes financières pesant sur leurs cabinets. Selon l’association, la réforme risque de compromettre l’ambition politique de renforcer les soins primaires. Sa direction a donc qualifié l’initiative de potentiellement préjudiciable au modèle de soins en évolution, dans lequel les médecins généralistes sont appelés à être le premier et principal interlocuteur des patients au sein du système de santé.
Parallèlement à ces débats sur le financement des soins de santé, les associations de défense des consommateurs ont relancé leur appel à l’instauration d’une taxe sur le sucre dans les boissons sucrées. Foodwatch a exhorté le ministre des Finances, Lars Klingbeil, à donner suite au soutien précédemment exprimé par M. Warken en faveur d’une telle mesure, arguant qu’elle pourrait à la fois réduire l’incidence des maladies liées à l’alimentation et générer des ressources fiscales supplémentaires pour les programmes de santé préventive. S’appuyant sur des données de marché, l’organisation a constaté qu’en Allemagne, la consommation quotidienne moyenne de sucre provenant des boissons s’élève à environ 26 grammes, dépassant légèrement la dose maximale recommandée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) de 25 grammes par jour, un seuil conçu pour atténuer les risques liés à l’obésité et aux maladies chroniques qui y sont associées.
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