(de-news.net) – Témoignant d’une confiance renouvelée envers l’Allemagne, le chancelier allemand Friedrich Merz (CDU) a fait état d’engagements d’investissement s’élevant à environ 230 milliards d’euros, tout en promettant des réformes visant à alléger la bureaucratie et à améliorer le climat des affaires. Le gouvernement entend soutenir le développement économique par des investissements dans les infrastructures, une réforme des retraites et la numérisation. Par ailleurs, Amazon a annoncé un projet d’investissement de 16 milliards d’euros. À l’approche du 65e anniversaire de l’accord germano-turc sur le recrutement de main-d’œuvre, M. Merz a également souligné le besoin constant de l’Allemagne en talents étrangers, reconnaissant la contribution des migrants turcs au progrès économique du pays.

Le chancelier Merz a présenté l’Allemagne comme une destination de plus en plus attractive pour les capitaux internationaux, suite à l’annonce, par des entreprises, d’investissements totalisant environ 230 milliards d’euros lors du premier sommet sur l’investissement organisé par le gouvernement fédéral à Berlin. S’adressant aux dirigeants d’entreprise, le responsable de la CDU a affirmé que son gouvernement comptait renforcer la croissance économique en améliorant les conditions d’activité des entreprises, en réduisant la bureaucratie, en accélérant les procédures d’autorisation et en menant des réformes structurelles. Il a qualifié cette rencontre de point de départ d’une démarche plus vaste visant à mobiliser les investissements privés, promettant l’organisation de nouvelles conférences dédiées aux investisseurs.

Selon le ministère de l’Économie, les investissements en Allemagne devraient atteindre 228,6 milliards d’euros cette année, dont plus de 95 milliards proviendront de l’étranger. Il convient toutefois de noter que les montants annoncés lors de telles conférences peuvent inclure des projets décidés avant même la tenue de ces événements. Par ailleurs, l’initiative patronale « Made for Germany » a annoncé fin septembre que les entreprises participantes prévoyaient d’investir plus de 800 milliards d’euros dans le pays d’ici 2028.

Devant quelque 200 dirigeants d’entreprises allemandes et internationales, M. Merz a mis en avant les atouts de l’Allemagne : expertise industrielle, innovation technologique, stabilité politique, indépendance de la justice, infrastructures de recherche, position centrale au sein du marché unique européen et base industrielle solide. Il a soutenu que ces atouts pourraient servir de socle à une nouvelle dynamique de croissance, à condition que le gouvernement parvienne à instaurer des conditions plus favorables à l’investissement et au développement des entreprises.

Amazon en tête des annonces d’investissements majeurs par des entreprises

Amazon figure parmi les entreprises les plus en vue ayant annoncé de nouveaux investissements : le géant américain prévoit d’allouer environ 16 milliards d’euros à ses activités en Allemagne. Près d’un tiers de ces dépenses sera consacré à l’extension de centres de données. D’autres fonds seront destinés aux infrastructures logistiques, à la recherche en intelligence artificielle et en robotique à Berlin, ainsi qu’à la production de films, de séries télévisées et d’autres contenus allemands pour sa plateforme de streaming, Amazon Prime Video. L’entreprise a qualifié l’Allemagne de pôle d’innovation majeur et de l’une des destinations les plus attractives pour les investissements en Europe.

Par ailleurs, Amazon a conclu un accord pour 24 lancements via la fusée européenne Ariane, visant à déployer des satellites de télécommunication pour son futur réseau en orbite terrestre basse. Ce projet a pour vocation de concurrencer Starlink, le service d’accès à Internet par satellite exploité par SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk. Au-delà de ses ambitions commerciales, cette initiative revêt une importance stratégique pour les capacités spatiales européennes, s’inscrivant dans une volonté de réduire la dépendance vis-à-vis d’un réseau satellitaire américain devenu politiquement controversé.

Parmi les autres entreprises ayant pris des engagements d’investissement figurent les groupes technologiques américains Nvidia et Microsoft, le groupe allemand Schwarz, la société énergétique RWE, le laboratoire pharmaceutique français Sanofi, ainsi que la société d’investissement américaine Blackstone. Merz a présenté ces annonces comme le signe d’une confiance retrouvée de la part des investisseurs, tout en reconnaissant que le gouvernement devra concrétiser ses promesses. Son administration entend améliorer les conditions d’exercice des activités économiques, notamment par une simplification administrative et une accélération des procédures d’autorisation.

Les prévisions de croissance renforcent les attentes en matière de réformes structurelles

Le gouvernement prévoit une croissance de l’économie allemande de 1,3 % en 2026 et de 1,1 % en 2027, des projections qui concordent, dans l’ensemble, avec celles du Fonds monétaire international. Après plusieurs années de faible performance, la reprise attendue marquerait une amélioration plus nette, portée notamment par des dépenses publiques consacrées aux infrastructures et à la défense, financées par l’emprunt. Le récent redressement des exportations a également contribué à ces perspectives plus favorables.

Le ministre des Finances, Lars Klingbeil, également dirigeant du SPD, a affirmé que l’Allemagne retrouvait une trajectoire de croissance, tout en avertissant que ces prévisions plus optimistes ne devaient pas conduire au relâchement. Selon lui, les investisseurs attendent du pays qu’il joue un rôle moteur dans la promotion des réformes économiques à travers l’Europe. Pour pérenniser cette reprise, il faudra donc mener des réformes structurelles, parallèlement aux investissements publics et au renforcement de l’activité économique.

L’initiative « Made for Germany », qui rassemble des entreprises favorables à l’investissement dans le pays, avait déjà annoncé, fin septembre, des projets d’investissement totalisant plus de 800 milliards d’euros d’ici 2028. Il convient de distinguer ces intentions, annoncées précédemment, des engagements mis en avant lors du sommet de Berlin, afin d’évaluer avec précision l’ampleur réelle des nouveaux engagements.

M. Merz a par ailleurs fait état d’un soutien significatif de la part des investisseurs aux réformes des retraites proposées par le gouvernement. Ces projets visent à accroître la part des investissements sur les marchés financiers dans la constitution des retraites, témoignant d’une volonté de faire évoluer la culture financière allemande — traditionnellement axée sur l’épargne — vers une participation accrue aux marchés d’investissement. M. Klingbeil a mis en avant le dispositif « Frühstartrente », dans le cadre duquel l’État verserait 10 euros par mois pour chaque enfant éligible. Il a souligné que cette initiative pourrait favoriser un changement culturel plus large dans la manière dont les citoyens appréhendent l’épargne et l’investissement. Dans leur ensemble, ces propositions en matière de retraites reflètent la volonté du gouvernement d’étendre le rôle des marchés financiers, au-delà du simple financement des entreprises, pour les intégrer à la planification financière à long terme des ménages.

Les membres du gouvernement mettent l’accent sur les infrastructures et la numérisation

La ministre de l’Économie, Katherina Reiche, a souligné que l’Allemagne restait engagée dans une concurrence internationale intense pour attirer les capitaux. Bien que les engagements annoncés soient substantiels, elle a rappelé que le pays ne pouvait pas tenir pour acquis que les investisseurs continueraient de le choisir sans des conditions économiques et réglementaires favorables. Reiche a également critiqué les projets du futur gouvernement régional de Berlin visant à exproprier de grandes sociétés immobilières, qualifiant ces mesures de préjudiciables au climat d’investissement. Elle a réaffirmé l’engagement du gouvernement fédéral en faveur de la protection de la propriété privée, inscrivant le différend sur la politique du logement à Berlin dans un débat plus large sur les rapports entre intervention publique, droits de propriété et investissement privé.

D’autres membres du gouvernement fédéral ont profité de ce sommet pour promouvoir les opportunités d’investissement dans leurs domaines de compétence respectifs. La ministre de la Construction, Verena Hubertz (SPD), a souligné que la forte demande en logements justifiait la poursuite des investissements dans le développement résidentiel. Le ministre des Transports, Steffen Bilger (CDU), a insisté sur la nécessité de moderniser les infrastructures vieillissantes de l’Allemagne, évoquant un fonds spécial de 500 milliards d’euros mis en place par le gouvernement pour financer des améliorations à long terme.

Ce programme d’infrastructures vise également à créer des opportunités de coopération entre le secteur public et les investisseurs privés. De son côté, le ministre chargé du Numérique, Karsten Wildberger, s’est engagé à réduire la bureaucratie et à accélérer la numérisation de l’administration publique. Dans leur ensemble, les interventions des ministres reflètent la volonté plus large du gouvernement de conjuguer promotion des investissements, renouvellement des infrastructures, offre de logements et modernisation de l’administration.

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