(de-news.net) – Le ministère allemand du Travail a présenté un plan en 37 points visant à combattre l’exploitation des travailleurs, la fraude aux prestations sociales et les structures criminelles associées. Ce dispositif prévoit de durcir les conditions d’éligibilité pour certains citoyens de l’UE, d’accroître la responsabilité des employeurs en cas d’enregistrement erroné, d’intensifier le croisement de données et les contrôles, et de renforcer l’action des municipalités contre les logements indignes exploités à des fins lucratives.

Un plan d’action gouvernemental visant à lutter contre l’exploitation des travailleurs et les abus en matière de prestations sociales a été présenté par la ministre allemande du Travail, Bärbel Bas ; celle-ci a souligné que le détournement du système de protection sociale risquait d’éroder la confiance du public envers l’État social. Élaboré conjointement par les ministères du Travail et de l’Intérieur, ce plan en 37 points regroupe des mesures ciblant aussi bien les cas individuels de fraude aux prestations que les formes plus vastes d’exploitation organisée. Le gouvernement fédéral devrait examiner et approuver ce dispositif dans le courant du mois, pour une mise en œuvre prévue d’ici la fin de l’année.

Un volet clé du plan porte sur l’exploitation des immigrés originaires d’autres pays de l’Union européenne, notamment via ce que l’on appelle les « logements indignes » (junk properties), terme désignant des habitations très dégradées ou inadaptées. Les municipalités se verraient conférer davantage de pouvoirs pour intervenir lorsque des bénéficiaires de prestations sociales se voient facturer des loyers excessifs pour des logements en mauvais état. Le gouvernement entend également empêcher les agences pour l’emploi de prendre en charge des loyers déraisonnables pour ce type de logement, s’attaquant ainsi à une pratique que le plan identifie comme faisant partie intégrante de modèles économiques fondés sur l’exploitation.

De nouvelles mesures pour durcir les conditions d’éligibilité et renforcer l’action publique

Le gouvernement prévoit également des mesures plus strictes pour prévenir le détournement organisé des prestations sociales. Selon Mme Bas, le renforcement du croisement de données, la multiplication des contrôles et le durcissement des règles visent à rendre plus difficile la commission et la détection de demandes frauduleuses. Ces mesures vont au-delà des cas individuels d’abus pour s’attaquer à des structures plus vastes impliquant une fraude organisée, des emplois fictifs et du travail dissimulé. Les employeurs pourraient voir leur responsabilité accrue lorsque des travailleurs sont enregistrés de manière incorrecte ou illégale et que des prestations sociales sont indûment versées par la suite ; il s’agit ainsi de responsabiliser davantage les entreprises dont les pratiques contribuent à ces versements indus.

Le ministre de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a qualifié ce plan d’étape majeure pour démanteler les structures criminelles organisées liées à la fraude aux prestations sociales. En vertu des règles proposées, les ressortissants de l’UE devraient généralement justifier de cinq années de résidence légale en Allemagne pour pouvoir prétendre aux prestations sociales concernées. Le gouvernement fédéral prévoit également d’exclure du bénéfice des aides sociales les personnes faisant l’objet d’un mandat d’arrêt, ajoutant ainsi une nouvelle restriction au système alors que les autorités cherchent à lutter contre les abus liés à des structures organisées.

M. Bas a indiqué que l’objectif global était de réduire les incitations pour les migrants à intégrer le système de protection sociale allemand, tout en dotant les autorités d’outils plus efficaces pour combattre la fraude à grande échelle et les pratiques commerciales abusives. Les mesures proposées allient donc un durcissement des critères d’éligibilité à un renforcement de la surveillance administrative et des pouvoirs des municipalités. De même, M. Dobrindt a souligné que ce train de mesures visait à mettre au jour les abus, à combler les failles juridiques et à accroître la responsabilité des instigateurs de l’exploitation organisée, présentant cette initiative comme une volonté de s’attaquer tant aux pratiques elles-mêmes qu’aux structures qui les rendent possibles.

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