(de-news.net) – À Berlin, des négociations gouvernementales germano-polonaises de haut niveau se tiennent actuellement sous l’égide du chancelier Friedrich Merz et du Premier ministre Donald Tusk. Ce sommet vise à élargir et à consolider le partenariat bilatéral entre les deux pays, en mettant l’accent sur la politique de sécurité et militaire, la coopération économique et le soutien continu à l’Ukraine. M. Merz a souligné l’importance d’intensifier la collaboration avec la Pologne, la présentant comme un partenaire indispensable et égal pour la construction d’une Europe sûre, libre et prospère. Il a insisté sur le fait que l’expérience historique de l’Allemagne, et notamment les leçons tirées de la Seconde Guerre mondiale, exige un alignement ferme et durable avec la Pologne afin de préserver la stabilité sur le continent.

Le chancelier a identifié trois axes de coopération principaux. Premièrement, il a annoncé un renforcement des initiatives conjointes en matière de sécurité et de défense, notamment une collaboration accrue dans le domaine de la défense anti-drones et d’autres technologies militaires modernes. Dans le cadre du maintien du soutien à Kiev, les deux dirigeants ont coordonné leurs positions en consultant le Premier ministre britannique Keir Starmer, le président français Emmanuel Macron et le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Deuxièmement, M. Merz a souligné l’importance des infrastructures de connectivité, insistant sur la modernisation des liaisons ferroviaires transfrontalières et l’expansion des points de passage routiers. Ces mesures, a-t-il affirmé, ne doivent pas rester de simples projets abstraits, mais se traduire concrètement dans le quotidien des citoyens, favorisant ainsi des améliorations tangibles en matière de mobilité et d’échanges économiques.

Troisièmement, M. Merz a évoqué le devoir de mémoire comme une responsabilité partagée, insistant sur la nécessité de préserver les aspects douloureux de l’histoire. Ce devoir de mémoire, a-t-il soutenu, doit être un facteur d’unité et non de division, rapprochant l’Allemagne et la Pologne par la reconnaissance du passé.

Outre ces discussions politiques et stratégiques, la coopération culturelle a également progressé. La ministre d’État à la Culture, Claudia Weimer, a officiellement transféré des biens culturels à son homologue polonaise, Marta Cienkowska. La restitution comprend 73 parchemins historiques de l’Ordre Teutonique provenant des Archives secrètes d’État de la Fondation du patrimoine culturel prussien, ainsi qu’un fragment de statue de Gdańsk représentant la tête de saint Jacques l’Ancien. Ces documents, dont certains remontent à 800 ans, avaient été initialement remis au royaume de Pologne en 1525 par le dernier grand maître de l’Ordre Teutonique, devenu le premier duc de Prusse. Cependant, lors de l’occupation de la Wehrmacht en 1941, ils furent soustraits aux Archives centrales de Varsovie et transférés en Allemagne. Leur retour est perçu comme un geste symbolique de réconciliation, de consolidation de la paix et de renouvellement de la collaboration interculturelle, soulignant l’engagement des deux nations à faire face à leur histoire commune tout en construisant un avenir de coopération.

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