(de-news.net) – D’après une étude de Forsa réalisée pour le compte de l’Association des fonctionnaires allemands, l’opinion publique allemande perçoit actuellement les défis internes comme les menaces les plus importantes pour la stabilité nationale. Lorsqu’on a demandé aux personnes interrogées d’évaluer et de classer les risques qui affectent le plus le pays, les lacunes du système éducatif sont apparues comme la préoccupation la plus fréquemment citée, une très large majorité les qualifiant de graves par leur ampleur et leurs conséquences. Viennent ensuite les inquiétudes liées aux tensions et conflits sociaux, au creusement des inégalités entre les segments les plus riches et les plus pauvres de la société, à la dégradation des infrastructures et à la recrudescence des cyberattaques et de la cybercriminalité. Chacun de ces problèmes a été considéré par une part importante des personnes interrogées comme posant des problèmes sérieux et persistants, soulignant ainsi le sentiment général que les faiblesses structurelles du pays érodent la résilience institutionnelle.

Volker Geyer, président fédéral de l’association, a explicitement lié ces perceptions de l’opinion publique aux questions de capacité de l’État et de gouvernance efficace. Il a soutenu que les pénuries chroniques de personnel – notamment le manque de plus de 100 000 enseignants à l’échelle nationale – nuisent directement à la prestation des services publics essentiels et fragilisent la crédibilité des institutions étatiques. Dans ce contexte, il a qualifié les débats sur l’avenir de la fonction publique d’erronés et largement improductifs, dans la mesure où ils détournent l’attention de problèmes plus immédiats et tangibles. Selon lui, les priorités politiques devraient plutôt se concentrer sur la résolution des défaillances structurelles du système éducatif que les citoyens subissent au quotidien, notamment les fréquentes annulations de cours et les classes constamment surchargées, autant de signes visibles de la tension administrative.

Geyer a également expliqué pourquoi les menaces extérieures, telles que les migrations forcées, les conflits armés et le changement climatique, sont perçues comme comparativement moins urgentes par le public. Son analyse suggère que les individus ont tendance à détourner leur attention des crises mondiales interconnectées qui semblent insurmontables et hors de leur contrôle, pour se concentrer sur les défis locaux qui paraissent plus concrets et potentiellement plus susceptibles d’être influencés par des politiques publiques. Il a interprété cette tendance comme le reflet d’une demande sociétale plus large de fiabilité, de stabilité et de prévisibilité en période d’incertitude accrue. S’appuyant sur l’expérience passée, il a souligné que les crises précédentes – notamment la crise bancaire et la phase initiale de la pandémie de COVID-19 – avaient démontré le rôle stabilisateur de garanties politiques claires et crédibles. Dans ce contexte, il a averti qu’il serait profondément dommageable que les citoyens en viennent à percevoir l’État comme n’étant plus disposé ou capable d’assumer son rôle protecteur.

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